Мученичество ХХ века

Beauté et Salut

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Le livre de Xénia Krivocheine «La Beauté Salvatrice, Mère Marie Skobtsov» se rapporte à l’importance de l’art dans la vie de la moniale, de sa créativité et fécondité artistiques qui plongent à la richesse de sa vie spirituelle au service des plus démunis, dans un temps de grande détresse historique et religieuse.L’éloge qu’en fait Carol Saba en sa qualité de porte-parole de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France souligne le sens de cette «beauté qui sauve le monde», expression dostoïevskienne qui fait écho au propos du livre de Paul Evdokimov «La Femme et Le Salut du Monde». Beauté et salut sont au coeur de la destinée exceptionnelle de Mère Marie (Skobtsov).

Le site créé par Xénia Krivocheine pour rendre accessibles les écrits, les poèmes de la sainte et l’ensemble de son œuvre, permet de se ressourcer auprès de celle que le Métropolite Euloge eut l’intuition de bénir pour une vie consacrée au don total de soi.Ce livre est préfacé par le Patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies. Elle fut canonisée le 16 janvier 2004 après une décision du Saint Synode de l’Eglise de Constantinople et glorifiée à la cathédrale Saint Alexandre Nevsky, à Paris les 1er et 2 mai de cette même année.

Le Patriarche Cyrille marque l’intérêt de l’Eglise orthodoxe des Russies pour ses diasporas. Lentement, avec discernement, l’Eglise-Mère de Moscou peut prendre la mesure de sainteté portée par diverses personnalités qui ont montré le chemin de vies totalement vouées au Salut. Ceci se produisit souvent à partir d’un chemin éloigné du Seigneur qui s’est épanoui, avec beauté et grande profondeur, dans le sacrifice total et paradoxal de leur vie, par-delà toutes normes établies. Les compagnons déportés et morts au camp de Ravensbrück et de Dora (pour le Père Dimitri Klepinine et Youri, fils de Mère Marie) ont chacun à leur manière suivi l’exemple de celle avec laquelle ils se dévouaient aux autres. Ilya Fondaminsky, juif baptisé au camp de Compiègne mourut à Auschwitz.La beauté de l’art comme le salut qui vient par la femme dépassent de loin toutes formes de typisme humain.

Le Christ vient rappeler que l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance du Père céleste, Créateur du ciel et de la terre (Genèse 1.27, 5.1, 9.6). Mère Marie se consacra de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces , à savoir ses ressources matérielles — conformément au précepte divin (cf. Deutéronome 6.5, Matthieu 2,37 — Luc 10.27) au Sacrement du Frère qui fut ainsi manifesté dans un climat particulier. Nul doute qu’en la circonstance on peut voir avec clarté à quelle hauteur la moniale de la Rue de Lourmel, 75015 (Paris) sut incarner le deuxième précepte biblique et christique de l’amour du prochain (cf. Lévitique 19.18, Matthieu 19.19, Marc 12.31, Luc 10.27, Romains 13.9, Galates 5.14, Jacques 2.8).

Faut-il y voir un signe: dans la plupart des langues, il est bien question de l’amour du «prochain», celui qui ne serait que «proche»? L’hébreu suggère plus: «ואהבת לרעך = «veahavta lerèacha» ou le mot «rèa/רע » s’écrit sur le modèle de la racine «ra’/רע «, donc celui qui est l’ennemi, celui qui veut faire le mal et non celui qui est proche. Ceci est au coeur du kérygme christique en ce que le Seigneur ne nous demande pas de nous aimez selon des critères de proximité humaine — ce que les païens savent faire (Matthieu 5.38-48).

Mère Marie a partagé la vie des siens comme de ceux qui lui étaient «autres», bien au-delà des limites admises. Ce fut vrai lors des engagements au sein de la société athéiste de la Révolution bolchévique. Elle découvrit le don de soi-même dans son offrande monacale et l’émigration orthodoxe russe en Europe et à Paris.

Le livre de Xénia Krivocheine prend alors une dimension particulière si l’on replace la montée de Mère Marie vers Dieu dans sa participation active, fraternelle et donc divino-humaine à sauver ceux qui étaient poursuivis pour la seule raison d’exister. La moniale russe, révoltée dans la société où elle vit le jour trouva son point d’obéissance au Seigneur et à l’Eglise dans le don aux plus faibles, aux Juifs partis de Russie qui venaient chercher à la rue de Lourmel, des certificats de baptême et un accueil de bonté.

L’histoire verra comment et pourquoi l’Eglise accepta, principalement en Occident, de délivrer des cerficats de baptême comme sauf-conduits à des Juifs qui sont, par nature, les frères du Seigneur. Cela ne les aida que rarement. Beaucoup ne furent pas soustraits à la déportation et l’extermination.

Mère Marie, comme d’autres martyrs chrétiens qui périrent en déportation, eut un autre geste: elle prit la place d’une jeune femme pour la sauver de la mort. On se souviendra que, dans ses poèmes, la religieuse russe évoqua l’étoile jaune» (de David) imposée aux Juifs par les lois de Vichy (elle vécut cela dans le contexte spécifique de la France), donnant à cette infamie son sens spirituel traçant un lien d’enracinement en l’identité-même de Jésus de Nazareth.

Ces jours-ci, Jérusalem est présente au cœur des fidèles chrétiens, en particulier pour le Patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies, comme de tous ceux qui, dans une société mixte israélienne et arabe palestinienne. L’Eglise «Mère de toutes les Eglises de Dieu» s’interroge sur son avenir. L’Eglise a les promesses de l’éternité, celle-là même dont Mère Marie a témoigné avec une rare ferveur. Mère Marie ne peut inciter à gommer les typismes. Au contraire, elle a a montré la grandeur à prendre le risque de les assumer. Elle a su offrir sa vie à la place d’une jeune juive tandis que le Christ déclare «Le salut vient des Juifs» (Jean 4.22). Elle interroge donc l’Eglise — notamment orthodoxe — et la conduit non à taire ce fait, mais à rappeler que l’Eglise dépasse tout phylétisme, toute forme de neutralité ou d’esprit partisan pour affirmer la beauté et la singularité de la résurrection.

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La Beauté salvatrice — Mère Marie (Skobtsov)


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