Мученичество ХХ века

Mère Marie. « Cette beauté qui nous sauve »

«Cette beauté qui nous sauve»: tableaux, estampes, broderies

Préfaces de Son Eminence Cyrille (Métropolite de Smolensk) et de M. Georges Nivat, Professeur de l’Université de Genève. Les textes sont de Xenia Krivochéine. Saint-Pétersbourg, «Iskousstvo-Spb», 2004 — 204 p., illustrations en couleurs. ISBN 5-210-01573-4.

Cet ouvrage richement illustré est le premier à être consacré à l’?uvre artistique de mère Marie (Skobtzov). Mère Marie est largement connue en tant que poète de l’époque de «l’âge d’argent». Mais n’était pas suffisamment connue en tant qu’Artiste. L’œuvre de mère Marie — tableaux, estampes, broderies d’une rare expressivité est conservée par des collectionneurs européens ou bien dans des paroisses orthodoxes en France et en Grande Bretagne. Peu de ces ouvrages ont été publiés. Le livre comprend un texte très riche consacré à la vie et à l’art de mère Marie, de nombreuses références. Il présente un grand intérêt pour les spécialistes comme pour l’ensemble des lecteurs.

Tél. St.-Pétersbourg:(812) 275-29-49 et 275-46-45
УДК 75/76 ББК 85.1

Mère Marie (Skobtzov) et son Art (1891-1945)

Mère Marie, a commencé par être connue en tant que poète lyrique sous le nom de Kouzmina-Karavaeva. Ses premières poésies ont été écrites du vivant d’Alexandre Blok, époque entrée dans l’histoire de l’art sous le nom de «Siècle d’argent». Son œuvre picturale et artistique est malheureusement restée bien plus confidentielle. Certains critiques estiment que mère Marie était par ses dons bien plus peintre que poète. Plusieurs raisons ont rendu difficile l’étude du patrimoine artistique de mère Marie. L’exil a coupé en deux la vie ainsi que l’œuvre de mère Marie.

De 1911 à 1921, encore en Russie, ce furent les premières expositions, les premiers poèmes et essais philosophiques. Elle faisait partie des cercles qu’animait Alexandre Blok, Nikolaï Goumiliov, Nathalie Gontcharova… Dès ses tout débuts dans l’art la future moniale aspire à la connaissance de Dieu. Avec le temps elle s’éloigne du modernisme et trouve son expression dans le symbolisme pictural et poétique.

Certaines œuvres graphiques de mère Marie se sont conservées en Russie. En France, là où s’est déroulée la deuxième partie de sa vie ses créations sont éparpillées dans diverses paroisses, chez des collectionneurs, ont été perdues, parfois détruites. Ni en Russie, ni plus tard en France l’auteur n’a jamais signé ses tableaux ou ses broderies. De futures trouvailles ne sont donc pas impossibles!

Ces dernières années des dessins, des icônes brodées, des vêtements sacerdotaux, des saints suaires ont été trouvés en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mère Marie décorait les murs des paroisses et des foyers qu’elle fondait pour les émigrés russes les plus déshérités. Malheureusement nous ne disposons maintenant que de photos de ces murs et de ces décorations. Quant aux tableaux et aux broderies ils sont éparpillés.

La majeure partie de l’œuvre écrite de mère Marie a été à plusieurs reprises éditée en Russie comme en Europe Occidentale. Cet ouvrage a pour but de montrer la partie encore inconnue et inédite de ce remarquable patrimoine artistique.

Comme nombre de ses contemporains mère Marie n’a pas suivi de formation académique. Elle n’est pas allée apprendre dans les ateliers ou les studios de peintres célèbres. Sa famille, sa présence dans les cercles artistiques de l’époque de sa jeunesse lui ont servi d’école. Les longues années qu’elle a vécu en France ont profondément marqué son art. A Paris elle rencontre des intellectuels français, se lie avec les meilleurs écrivains, penseurs, philosophes de la diaspora russe. Tout ce qu’elle a fait est inspiré par les Ecritures vétérotestamentaires et évangéliques. Aquarelles, temperas, huiles, broderies sont l’expression d’une lecture symboliques, mystique, voire mystérieuse des écrits révélés.

Fidèle à ses vœux, mère Marie a donné la richesse de ses talents, ses forces et son amour aux pauvres, ses prochains.
Nicolas Berdiaev disait d’elle. «La moniale Marie, comme beaucoup de saintes femmes russes tellement attrayantes tournées vers le monde aspirait au sacrifice, voulait soulager les souffrances, ignorait la peur».

***

La future mère Marie (Elisabeth Pilenko dans le monde) est née à Riga, en Russie le 8 décembre 1891. A sa naissance l’enfant a failli mourir et n’a été sauvée que grâce à une intervention chirurgicale. Quelques jours plus tard elle a failli s’asphyxier lorsque le prêtre l’immergeait dans les fonds baptismaux, et pour une seconde fois, elle est revenue à la vie ! Pendant toute son existence Elisabeth a été menacée par de multiples dangers. Dès sa première jeunesse elle avait la prescience de ce qui allait devenir son lot. tourmentes, souffrances et, enfin, les flammes…

Les dernières années de sa vie elle avait la certitude d’aller au bûcher, et d’y aller, selon son expression, «avec des compagnons de sépulcre». En effet, le camion-chambre à gaz, puis le four crématoire a été pour mère Marie et ses compagnes comme un cercueil commun.

Son enfance et son adolescence se sont passées dans la ville d’Anapa, sur le littoral de la mer Noire. Son père, agronome de métier devenu par la suite le directeur d’un grand jardin botanique en Crimée, possédait près d’Anapa un petit domaine avec des vignobles. La famille allait passer les hivers à Saint-Pétersbourg. Après la mort du père les Pilenko vont s’installer définitivement dans la capitale, Elisabeth y fréquente le lycée. Très tôt l’enfant a manifesté de grandes aptitudes pour le dessin, la littérature et la broderie. Elle réfléchissait déjà à ce qu’est la vérité, à l’existence de Dieu, d’un Dieu d’amour et de justice. La mort de son père avait suscité en elle un très fort sentiment de révolte.

A quinze ans elle s’intéresse aux lettres, à la poésie, assiste à des soirées littéraires, c’est là que pour la première fois elle rencontre Alexandre Blok. C’était le début de leur amitié, elle avait quinze ans, le célèbre poète en avait vingt cinq.

A dix huit ans elle épouse Dimitri Kouzmine-Karavaev (il terminera sa vie en exil, membre de la Compagnie de Jésus). Juriste de formation, cet homme brillant était l’ami de nombreux écrivains et artistes. Pendant les courtes années de ce mariage Elisabeth approfondit sa recherche spirituelle. Assez tôt elle publie quelques recueils poétiques («Ruth», «Jourali», etc.) Quelques années plus tard elle se sépare de son mari et part avec sa fille Gajana habiter son domaine d’Anapa. C’est là que la trouve la révolution de 1917. C’est là qu’elle fait la rencontre de Daniel Skobtzov qui deviendra son deuxième mari.

Via la Géorgie, puis Constantinople et la Yougoslavie — Elisabeth, sa mère, son mari et leurs trois enfants viennent en 1923 s’installer à Paris. Leur fille de deux ans Anastasie meurt peu de temps (1926) après leur arrivée en France. La misère, l’exil, la mort de l’enfant ont été pour la future mère Marie une puissante impulsion spirituelle. Elle disait alors: «Aimez vous les uns les autres, mais pleinement et sans retenue quelles que soient les épreuves…» Le malheur des autres, proches ou moins proches, la détourne de son propre deuil. La mort de la petite Anastasie n’a pas tué l’élan maternel d’Elisabeth Skobtzov , qui éprouve le désir de plus en plus prenant de se mettre au service de des déshérités. Dès la fin des années vingt, elle organise l’aide à tous ceux qui ont le plus besoin de soutien et de compassion, et il y en avait tellement dans l’émigration russe en France… Le chômage poussait les hommes dans les bistros, les familles vivaient dans les taudis cosmopolites de Marseille, dans les cités minières. Souvent les anciens officiers de l’armée russe sombraient dans la folie…

Son travail d’assistance était devenu tellement prenant que bientôt il devint un obstacle à sa propre vie de famille. Elle sentait en elle le désir croissant de prendre les ordres, de se consacrer sans réserve au service de Dieu et des hommes.

Le Métropolite Euloge (Guéorguievsky) l’a encouragé dans cette voie et, avec bien sûr, le consentement de son époux prononça son divorce religieux. C’est lui qui, à l’église de l’Institut Théologique Saint Serge reçut ses vœux et lui conféra le nom de Marie d’Egypte.

Mère Marie se fixa pour objectif de créer des Lieux d’Accueil pour ses compatriotes les plus malheureux ainsi que de faire ouvrir de nouvelles paroisses.

Au début des années 30 elle fonde «L’œuvre orthodoxe» (ce nom tût choisi sur le conseil de Nicolas Berdiaev), aidée en cela par le père Dimitri Klepinine, Fédor Pianov et Youri Kazatchkine, ils restèrent tous à ses cotés jusqu’au bout.

Paris est occupée par la Wermacht. Le foyer qu’elle avait fondé au 77 de la rue de Lourmel, dans le quinzième arrondissement, devient l’un des hauts lieux des premières années de la Résistance. Mère Marie était entrée dans une zone de haut risque ! Des prisonniers de guerre soviétiques évadés trouvaient refuge rue de Lourmel. Des colis et des mandats étaient réunis et envoyés aux détenus du camp de Compiègne, des évasions étaient organisées… De faux certificats de baptême étaient établis pour des juifs menacés de déportation… Mère Marie était au cœur de tout cela.

Fatalement ces activités conduisent, en février 1943, à l’arrestation par la Gestapo de son fils Youri, ainsi que du père Dimitri Klepinine. Déportés à Buchenwald ils y périssent tous les deux. Mère Marie est arrêtée elle aussi et envoyée dans le camp de Ravensbrück. Il existe plusieurs versions de sa fin.

Mère Marie avait réussi à se procurer dans le camp le nécessaire pour se mettre à broder une icône et un foulard, (celui-ci s’est conservé chez la fille du père Klepinine). A plusieurs reprises elle avait dit à ses voisines de châlit «Si je parvenais à terminer la broderie de l’icône, je m’en sortirai». D’après l’un des témoignages mère Marie se substitua volontairement en changeant d’identité à l’une des jeunes déportées vouées à la chambre à gaz, c’était le 31 mars 1945, jour du Vendredi Saint d’après le calendrier pascal occidental.

Une autre version veut qu’elle tombe malade de la dysenterie, ses camarades réussirent pendant longtemps à la cacher, mais elle fut tout de même découverte fin mars. Elle était dans un tel état de faiblesse qu’elle ne pouvait pas tenir debout. Le lendemain elle franchissait le seuil de la chambre à gaz.

Mère Marie ne craignait pas la mort, car la mort était pour elle une rencontre avec Dieu et cet espoir avait été le sens de toute sa vie.

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